Immersion en eau froide (7° !) dans le lac de la Triouzoune : une expérience qui donne des frissons… et de l’énergie !

Réveiller son énergie, apaiser son mental, dépasser ses limites … Voilà les promesses du premier stage « froid et respiration » organisé par Sport Santé Haute-Corrèze au Village nature du Maury à Liginiac. L’objectif : plonger dans le lac de la Triouzoune un matin de décembre. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de tenter l’expérience. Immersion, au sens premier du terme ! 

Une pluie fine tombe sans discontinuer au lever du jour, ce matin du dimanche 7 décembre. Il ferait bon rester sous la couette, près du cantou, à réfléchir aux derniers cadeaux de Noël, à faire des crêpes et regarder une série. Pourtant, nous sommes dix à être là, face au bord du lac de la Triouzoune près de Neuvic en Haute-Corrèze. Et dans quelques minutes, nous serons dedans. Comme en plein mois d’août.

Quand Brice, rédac’chef d’Actus Limousin, m’a demandé : « Après L’Aquaterra, le Millevaches Monédières Trail, le parapente … ça te tente d’aller plonger dans le lac de Neuvic pour le Stage froid et respiration ? », j’ai hésité. Longuement. Très longuement. Puis j’ai dit « Bien sûr ! ». Et voilà comment je me retrouve ici, sur la plage du Maury ce dimanche 7 décembre. Mais je ne suis pas seul, il y a autour de moi Valérie, Victor, Nadège… Et il y a Pierre Barbanceys, coach sportif à Neuvic, enseignant en activité physique adaptée et coach en nutrition et respiration. C’est ce sportif corrézien de 42 ans qui est à l’origine du projet au Village nature du Maury à Liginiac, chez Pierre-Yves et Marie.

Ancien professeur d’EPS, Pierre Barbancey est coach sportif et spécialiste en nutrition et respiration © Jérémy Truant

Nous sommes d’ailleurs dans le restaurant, transformé en salle de yoga pour l’occasion. « Le lieu est très bien adapté. On a la salle, le lac à côté, le spa dans les lodges juste au-dessus, c’est parfait ! » nous rassure Pierre Barbancey. Dans une ancienne vie, il a été professeur d’EPS, avant de passer un diplôme universitaire sur la nutrition, de se former sur la respiration et la thérapie par le froid et par le chaud et de travailler un temps à la Clinique du souffle à Riom-ès-Montagne dans le Cantal…

« Aujourd’hui, ce que l’on va faire, c’est une exposition volontaire au froid. Et cette exposition, on va la préparer. L’important tout d’abord, c’est de donner du sens, de trouver le « pourquoi » on est là aujourd’hui. » 

Avant de plonger dans l’eau du lac, un travail de respiration va nous permettre de moins « subir » le moment et se préparer au froid. « Neuf personnes sur dix ne savent pas travailler leur respiration. Notre système respiratoire fonctionne de manière autonome mais on peut le modifier en conscience », nous explique Pierre. L’idée c’est d’avoir une respiration maîtrisée et fluide en entrant dans l’eau, pour informer son cerveau que ce qui est en train de se passer est volontaire et sous contrôle.

Pas question de se jeter dans le lac « à froid », il va d’abord falloir apprendre à respirer… au chaud, ouf ! © Jérémy Truant

Allongé sur des tapis de yoga, on commence donc des exercices de respiration inspirés de la méthode « Wim Hof » (voir plus bas…). On inspire et on expire plusieurs fois puis on retient. Les cycles de respirations profondes et de rétentions préparent le corps en augmentant momentanément l’oxygénation et en activant le système nerveux, ce qui facilite l’entrée dans un environnement froid. Sur le plan mental, tout le monde semble concentré. Le calme s’installe durant ces 20 minutes en apesanteur au son d’une musique douce. « J’inspire, je gonfle le ventre, les côtes, les poumons, je sens l’air envahir mon corps … puis j’expire », récite notre guide du souffle en marchant autour de nous. Les yeux fermés, je vois l’eau du lac se rapprocher de plus en plus. Des frissons me traversent.

Phase de préparation et d’immersion

« On va passer à la phase de préparation qui sera la même que celle de réchauffement », nous prévient Pierre Barbanceys en présentant deux exercices de mouvements sans créer trop d’effort dont le principal but est donc de nous échauffer. Les corps sont prêts, les esprits ont l’air aussi. En maillot de bain, nous avançons vers le lac, dont le niveau est bien bas en cette saison. Au loin, sur son petit bateau, un pêcheur doit se demander ce que nous sommes entrain de faire. Je me le demande aussi. « Quand vous serez prêt, vous pourrez avancer dans l’eau, uniquement quand vous le sentez et laissez vos mains à l’extérieur », conseille le coach.

« J’avance, je ne reculerai plus. » – Jérémy Truant, 7 décembre 2025 © Le Maury

La Triouzoune est à 7 degrés, quasiment comme la température de l’air. Autour de moi, les regards sont timides, mais motivés. J’avance, je ne reculerai plus. Mon corps s’enfonce, je respire profondément, en conscience. L’eau arrive à mes épaules, semble former un étau autour du corps. La sensation n’est pas forcément agréable mais de courte durée. À la sortie, quelques instants plus tard, comme l’avait annoncé notre coach, c’est l’euphorie ! On n’a plus froid et pourtant il faut vite se remettre en mouvement. La musique résonne et remotive les troupes à danser et bouger pour se réchauffer sur le sable.

Ça y est coach, on a des supers pouvoirs ? Non… Bougez et dansez pour vous réchauffez ! © Le Maury

Le pêcheur au loin doit se demander ce que l’on fait, bis. Quelques exercices puis nous montons vers les lodges du village nature pour une alternance entre un bain glacé et un spa à 39 degrés. L’eau du bassin rempli de glace semble presque chaude. « On s’habitue, c’est au début que c’est le plus dur et finalement là ça va », analyse une participante fière de son exploit. L’eau chaude, qui frôle les quarante degrés, est quand même la bienvenue.

On a beau dire mais le bain à 39°C est quand même le bienvenu ! © Jérémy Truant

Retour dans la salle de restaurant pour la phase de réchauffement et de conclusion. « Le froid pour le froid n’a aucun intérêt. Par contre, ce que vous venez de faire apporte plusieurs bénéfices : un sentiment de bien-être, un mental et un système immunitaire renforcé », résume Pierre Barbanceys qui prend une douche froide chaque matin. Je n’en suis pas là mais le sentiment de bien-être et le bon sommeil qui ont suivi cette séance sont quand même un signe : le froid fait du bien mais pas que, il révèle.

En quittant le Village nature du Maury, le froid semble déjà loin. Reste une chaleur intérieure singulière, celle que l’on ressent quand on a dépassé une limite, qu’on a apaisé son mental et réveillé une énergie que la routine typique de l’automne avait endormie…

Comment Pierre Barbanceys a rencontré le froid

Lorsque le coach sportif corrézien travaillait à la clinique du souffle à Riom-ès-Montagne, il tombe sur une vidéo de Leonardo Pelagotti, un coach de respiration, biohacker et formateur francophone de la « Wim Hof Method ». Une vidéo tournée … dans le Cantal. Ni une ni deux, l’homme s’inscrit à un stage de cinq jours dans le Cantal et découvre les bienfaits du froid via cette fameuse méthode d’entraînement inventé par le néerlandais Wim Hof (« l’Homme de glace ») et qui combine trois piliers : une respiration profonde et rythmée, une exposition progressive au froid et un travail mental axé sur la concentration et la maîtrise de soi.

Pratique

Le prochain stage « L’Appel du Froid » aura lieu sur deux jours au village nature du Maury à Liginiac les samedi 28 février et dimanche 1er mars. Tous les renseignements sont à retrouver ici.

Pierre Barbanceys propose aussi des séances au sein de sa salle de sport à Neuvic. Toutes les informations sont à retrouver sur son site.

Jérémy Truant
Jérémy Truant
Journaliste Actus Limousin

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