A Couzeix, le projet d’écoquartier sur l‘ancien terrain d’aviation du Mas de L’Age est paré à décoller

Dans deux ans, l’écoquartier du Mas de L’Age à Couzeix aura bien avancé avec la construction d‘une centaine de logements pour des accueillir des primo-accédants, des seniors autonomes, du « co-living », des personnes aux revenus modestes ou plus aisés. Une mixité d’offres pour requalifier une ancienne friche militaire.

Le terrain d’aviation des pionniers locaux

Les plus anciens auront entendu parler des exploits des premiers aviateurs qui décollèrent jusqu’en 1931 de la piste de 200 m qui était située au Mas de l’Age à l’entrée de Couzeix. Ce site a ensuite été abandonné au profit de l’aérodrome de Limoges-Feytiat. Le Mas de L’Age resta longtemps un site militaire interdit d’accès jusqu’à son acquisition par Couzeix en 2012 après le départ de l’armée. De cette glorieuse époque des débuts de l’aviation locale, il ne reste qu’un hangar que la municipalité a conservé pour garder une trace de ce passé.

Ce hangar, dernier vestige du glorieux passé aérien du site, va lui aussi connaître une nouvelle vie © Corinne Mérigaud

Depuis quinze mois, cette friche de 42 hectares est en train de se transformer pour accueillir un écoquartier et la nouvelle usine Beyrand, filiale d’Hermès spécialisée dans les décors sur céramique (achevée fin 2026), qui sera donc délocalisée de Saint-Just-le-Martel. Une desserte routière a été créée, complétée par des infrastructures adaptées aux mobilités douces, à proximité d’une forêt de 30 ha. Ce projet a été mené en collaboration et co-construction entre la Ville de Couzeix, Limoges Métropole et des porteurs de projets privés et du secteur social et vise à répondre aux besoins d’accueil de nouveaux habitants avec un programme résidentiel mixte pour satisfaire différents publics.

« Les enjeux étaient forts en termes d’environnement, avec un vrai programme d’habitat varié, valoriser des espaces publics à disposition de la population, des circulations indique le maire Sébastien Larcher, on créé un nouveau quartier et c’est une chance incroyable que Limoges Métropole se soit emparée de ce sujet pour le porter à ce niveau-là d’études et d’innovations notamment le traitement des eaux pluviales. »

Une place telle une agora verte

Le site a été aménagé en prenant en compte les futurs usages avec l’objectif de créer un lieu d’animations, de promenade et de détente avec bancs, méridiennes et tables de pique-nique et complété par un verger. « On a aménagé un espace public très paysager avec plantation d’arbres, création d’un espace de rencontres central avec une place pour accueillir animations et événements, explique Stéphane Bernard, directeur ingénierie et espaces publics, on a joué sur la topographie en créant des gradins. La volonté était aussi de créer des liaisons douces entre le quartier pavillonnaire à l’arrière du site, la forêt de 30 ha et la route départementale pour les piétons et vélos vers la forêt et avec des accès à chaque extrémité pour que les gens puissent se promener et traverser facilement. »

Des matériaux innovants ont été employés dans le but de desimperméabiliser les sols et d’éviter l’effet îlot de chaleur lors des épisodes de canicule. « On a zéro tuyaux en gestion des eaux pluviales détaille-t-il, toutes les eaux s’infiltrent au plus près de leur point de chute et nous avons mis en place tous les dispositifs existants comme les noues, où l’eau stagne en attendant de s’infiltrer et des tranchées drainantes sous le sol. Tous les matériaux sont drainants, les eaux vont les traverser et se stocker dans la structure avant de s’infiltrer dans le sol. On a aussi des arbres de pluie, avec de l’eau envoyée au pied des arbres pour l’irriguer. »

Les couleurs retenues sont claires pour limiter l’effet de chaleur renforcé par les couleurs foncées. Il a fallu créer également une interface avec le site industriel voisin.

Quel est le programme immobilier ?

Sur le site, est prévu la construction de :

  • 30 à 40 appartements en coliving pour des jeunes travailleurs qui se déplacent (en particulier ceux d’Hermès) ou des foyers séparés,
  • 25 logements pour seniors autonomes achetés par la Foncière du Crédit Agricole et gérés par Vivr’Alliance,
  • 25 logements sociaux Limoges Habitat (un bâtiment),
  • 6 maisons jumelées réservées aux primo-accédants, qui évolueront au fur et à mesure que la famille s‘agrandira,
  • 10 appartements spacieux de grande qualité (un bâtiment),
  • Un pôle médical spécialisé dans le suivi des sportifs10 kinés et ostéopathes mais ouvert à tous publics,
  • Un local associatif dédié aux services à la personne,
  • Une crèche,
  • L’usine Beyrand de 13 000 m².

« Les permis de construire sont déposés, les appels d’offres seront lancés cet été et les travaux doivent démarrer en fin d’année annonce Pascal Passerieux, directeur général de Signature Promotion chargé de la promotion. La commercialisation va démarrer en septembre pour les logements collectifs et jumelés. »

D’autres friches à traiter

Au nord du site, a été créée une voie douce sécurisée et végétalisée traversant l’écoquartier d’ouest en est, reliant l’avenue de Limoges à la rue Auguste-Renoir pour accéder au parvis central. Un accès piétons et vélos a été aménagé depuis le parvis vers la forêt, passant par des espaces végétalisés. Enfin, à l’est et à l’ouest, des chemins mènent à la forêt.

La délocalisation prochaine des 60 emplois de la société Beyrand et, plus encore, la création d’autres emplois qualifiés laisse entrevoir des perspectives en termes de développement économique sur la commune. « Ce site faisait partie des grands projets de territoire pour requalifier des friches avec une priorité à l’emploi avec 60 emplois recentrés ici et à terme 300 emplois qui seront bien payés, une offre de logements qualitative pour les primo-accédants, une offre de soins et au final, un projet avec une vision globale » lance Guillaume Guérin, président de Limoges Métropole.

La future usine Beyrand sera livrée fin 2026 et recentrera 60 emplois sur la commune de Couzeix © Corinne Mérigaud

La requalification de cette friche pourrait être déclinée à d’autres identifiées à Limoges, comme au Colombier et en bas de l’avenue de la révolution. « Ce projet est un modèle du genre, reproductible poursuit-il on est en train de traiter Marceau, les choses commencent à s’opérer à la clinique Colombier, on va aussi traiter très vite le bas de l’avenue de la révolution. Ces friches seront une priorité de ce long mandat car il faut qu’on soit sorti des grosses friches de la ville centre et de la première couronne en fin de mandat. »

L’aménagement des espaces publics réalisé a été chiffré à 3 955 000 €, financé par Limoges Métropole (3 655 000 €) et Couzeix (300 000 €). Une subvention «Fonds vert» de 660 000 € a été accordée par l’État.

Corinne Mérigaud
Corinne Mérigaud
Journaliste Actus Limousin

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