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Région Limousin
samedi 15 juin 2024

Du monde du cinéma à sa « nouvelle vie » au Dorat, le réalisateur Nicolas Fay est devenu ambassadeur du Limousin

L’histoire de Nicolas Fay c’est celle de beaucoup de ces « néos » qui ont débarqué en Limousin un peu par hasard et qui s’y sont finalement établis pour de bon. Lui, il a débarqué, au moment du confinement, après une « autre vie » dans le cinéma et il en est vite devenu, caméra au poing, l’un des meilleurs ambassadeurs.

Il s’appelle Nicolas Fay et pendant de nombreuses années, il a travaillé dans la publicité, pour des grandes marques, des groupes industriels et quelques grands noms de la télévision ou du cinéma, comme le célèbre studio PIXAR ou le non moins célèbre Luc Besson. Aujourd’hui il vit au Dorat (commune du Nord de la Haute-Vienne) et met beaucoup d’énergie à valoriser notre territoire par le tournage de films, au plus près des habitants, au plus près du terroir.

Il vient de terminer un film (pour Tourisme Monts du Limousin), « pour déclarer son amour au
Limousin » se plait-il à écrire. Nicolas Fay, parisien de longue date, producteur et réalisateur, sourit. Sourit à la vie, sourit à la pellicule, sourit aux gens qu’il rencontre ou à ces petits coins de nature, qu’il croise depuis qu’il vit en Haute-Vienne. Le Limousin, il y venait depuis une quinzaine d’années et “je n’aimais pas” confit-il. Il faudra attendre le covid-19, un burn-out professionnel et ce repli imposé à la campagne pour qu’il découvre ce qu’est «l’Authenticité».

Nicolas Fay vient de signer une véritable déclaration d’amour au Limousin

De Paris à la Haute-Vienne

Après quelques jours de confinement passés en Haute-Vienne, Je me suis rendu compte que je vivais dans un monde imaginaire depuis 32 ans” commence-t-il par nous expliquer. Après deux jours au vert, l’homme réalise en effet qu’il est bien content de se trouver dans un cadre exceptionnel, dans une période de crise sanitaire sans précédent. Il cherche alors comment faire pour s’intégrer au paysage et la première chose qu’il comprend, c’est qu’il suffit de commencer par dire «bonjour».

Il prend son téléphone et commence alors à tourner un premier portrait, celui de ses voisins. Il poste le film sur le réseau social Facebook et c’est le buzz. La mayonnaise prend tout de suite car les hauts-viennois aiment que l’on parle de leur territoire, de leur terroir, de leur savoir-faire et peut-être tout simplement de leur savoir-être. Tout de suite après la diffusion de ce premier film, Nicolas appelle ses créanciers et les avertit qu’il arrête tout ; il leur dit “je vous dois déjà de l’argent mais je vais vous en devoir encore plus”. Et il se lance alors dans la production de films, totalement gratuits, mais qui le rendent heureux.

Il réalise alors de nombreux films pendant trois ans, qu’il définit comme des « trucs sains et vrais » et ses productions plaisent non seulement aux habitants de la région mais aussi aux élus, qui l’appellent. Développement et valorisation du territoire, compréhension des failles, saisie de l’état brut et des initiatives limousines, les films s’enchainent :

 

Nicolas Fay et Maurice, paysan bio depuis 1966 © DR

Le Limousin a toutes les cartes pour jouer sur le terrain mondial

En mettant en avant les acteurs locaux et ces «figures» du Limousin, comme les agriculteurs, certains des films de Nicolas Fay frôlent les 54 millions de vues. “Ce n’est pas anodin” souligne le producteur, qui ajoute qu’au niveau local on ne relaye pas assez les atouts d’un territoire pourtant si riche et véritable terre d’innovation. Têtu, analyste, le réalisateur constate que les politiques locales favorisent le manque de relais d’informations ou de valorisation, tout en se plaignant de l’enclavement du département – « et pourtant le Limousin a toutes les cartes pour jouer sur le terrain mondial, rien qu’avec son eau » explique Nicolas.

Un film sur le CSP Limoges, les accords-désaccords sur la création d’une « Aréna » à Limoges, le portrait d’un Ukrainien réfugié au Dorat, une série pour remonter le courant de l’eau, une série sur les résistants ou les chasseurs (qui font partie de l’équilibre rural)… les films que réalise Nicolas Fay s’inscrivent dans une volonté de rapprocher les gens. “On est là pour la réconciliation” confit le réalisateur qui réalise aussi un projet longue durée (6h!) pensé avec l’ancienne députée Marie-Ange Magne, avec qui il s’est associé pour créer une société de production de films à Limoges : « Ce qui nous plaît« .

Un réveil citoyen

Des films, des documentaires, avec lesquels Nicolas Fay espère faire naitre un réveil citoyen et effacer cette envie de rester discret, sans doute par pudeur, attaché au caractère rural. En montrant par exemple ces « médecins solidaires » (il y 400 médecins sur les zones rurales du département) ou cet art de vivre à la campagne, subtil équilibre entre les habitants, qu’ils soient pêcheurs, chasseurs ou écolos… Un territoire, une région, un pays, une universalité dont le réalisateur souligne qu’il se plait à faire voir le bleu et qu’on ne voit plus les gens du Limousin comme des « ploucs« .

Devenu véritablement un citoyen haut-viennois, Nicolas Fay conclut notre entretien en nous confiant qu’il se sent comme un ambassadeur de ce pays qu’est le Limousin et termine en nous disant qu’il y a du talent à revendre ici et du lien à créer.

Au contact de locaux « authentiques », Nicolas Fay a retrouvé sourire et énergie ! © DR

Pour suivre Nicolas Fay

La chaine Youtube : Les Limousins, la chaîne 100% locale

Sur Instagram : @nicolasfay

Sur Facebook : Nicolas Fay

Nathalie Petoux
Nathalie Petoux
Correspondante Actus Limousin en Haute-Vienne

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