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vendredi 20 février 2026

« La Belle Paire » : quand le Slip français et la Maison Broussaud s’associent pour produire 400 000 chaussettes par an !

« La Belle Paire », c’est la nouvelle co-entreprise issue du partenariat entre les Hauts-Viennois de la Maison Broussaud et le géant du sous-vêtement, « le Slip Français ». Un rapprochement permettant la création d’un atelier détenu à 50-50 et la confection de 400 000 paires de chaussettes par an.

Et si votre paire de chaussettes idéale était fabriquée en France ? C’est en tout cas la volonté de la manufacture limousine des Cars, La Maison Broussaud, l’un des fleurons de l’industrie textile en France, qui a scellé jeudi 19 février un partenariat historique avec un autre géant « bleu-blanc-rouge » du secteur : « le Slip Français ». Un accord qui prévoit la création d’une coentreprise spécialisée dans la confection de chaussettes : « La Belle Paire ».

Cette entité prend la forme d’un atelier au cœur de l’usine Broussaud, déjà chargée de la production du leader français du sous-vêtement ; qui maintenant co-produiront ensemble via la Belle Paire. « Il s’agit d’une structure détenue à 50-50 par les entreprises. Le Slip Français nous apporte l’idée et nous on la réalise », explique Alexandra Broussaud, directrice générale de Broussaud Textiles. L’objectif derrière cette ligne de production dédiée, est de permettre la confection d’au moins 400 000 paires de chaussettes, étiquetées le Slip Français, par an.

Cocorico ! La Maison Broussaud et le Slip Français, deux fleurons du textiles « Made in France », ont officialisé la création de « La Belle Paire » © Hugo Antoni

Pour ce faire, ce sont pas moins de 300 000 € qui ont été investis pour permettre à l’usine des Cars d’acquérir 10 nouvelles tricoteuses robotisées à la pointe de la technologie, en plus de 3 machines du site redirigées sur la production de la Belle Paire. Elles seront suivies par 3 autres dans les mois à venir, portant ainsi à 16 le nombre de tricoteuses pour faire tourner 24h/24 l’atelier de la Belle Paire.

Ces 10 nouvelles machines sont entièrement automatisées. Si la chaussette se tricote « toute seule », la main de l’homme est encore très présente sur toutes les étapes de la chaîne ! © Hugo Antoni

Autre bonne nouvelle, cette co-entreprise va conduire au recrutement d’au moins quatre nouveaux salariés. « Depuis début 2025, les commandes du Slip Français ont augmenté de 100% en passant de moins de 200 000 chaussettes par an à près de 400 000 aujourd’hui. On devait donc trouver une solution pour assurer les commandes du Slip Français, tout en préservant nos engagements auprès de nos près 180 partenaires. C’est comme ça que cette idée de créer une structure indépendante dédiée uniquement à cette production est née, car elle nous permet de garder la cadence sur tous nos objectifs », se réjouit le directeur de la maison, Aymeric Broussaud.


La Maison Broussaud : chaussettes « made in Limousin » depuis… 1938 !

Aymeric et Alexandra sont la troisième génération de Broussaud à la tête de la maison créée en 1938 aux Cars. Mais quand ils reprennent la manufacture en 2006, la maison traverse de grosses difficultés, notamment à cause de la concurrence étrangère. Alors pour faire face, ils décident de revoir le modèle et de miser sur la qualité, le savoir-faire local et surtout sur la fabrication française. « A ce moment-là, on nous a dit que c’était une connerie, que ça nous mènerait à notre perte. Je crois qu’on leur a prouvé qu’ils ont eu tort et avec ce nouvel atelier, on va encore leur montrer », lance Aymeric Broussaud.

Aymeric et Alexandra Broussaud ont fait le pari du « Made in France » pour sauver l’entreprise familiale en 2006 © Hugo Antoni

Aujourd’hui, ce sont 68 collaborateurs qui font tourner l’usine et produisent près de 1,5 million de paires de chaussettes par an ; un chiffre qui devrait frôler les 1,9 millions avec ce nouvel atelier.


Un partenariat de 13 ans qui entre dans une nouvelle dimension

« On peut être fier de ce que l’on a fait. La Belle Paire, c’est un engagement pour notre industrie. Avec ce nouvel atelier, on prouve qu’il est encore possible de relever l’industrie textile en France », lance Guillaume Gibault, le fondateur du Slip Français au moment d’inaugurer l’atelier.

Le nouvel atelier a été officiellement inauguré ce jeudi 9 février en présence Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine © Hugo Antoni

Pour le Slip Français et Broussaud, l’idylle a démarré il y a 13 ans. A ce moment-là, les deux entreprises voulaient prouver que produire en France de la qualité et au juste prix était encore possible. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la pari est réussi ! En 13 années de collaboration, ce sont pas moins de 1 300 000 paires de chaussettes qui ont été produites en Haute-Vienne et que l’on retrouve dans les rayons du Slip Français. « Cette collaboration va nous permettre de sécuriser la production de notre plus important partenaire qui observe la plus forte croissance de son histoire. De l’autre côté, le Slip Français est rassuré car l’usine pourra maintenir la cadence sans problème ! », lance la Maison Broussaud.

Pour les clients, pas de panique, la création de la Belle Paire n’aura aucune conséquence visible : même produit, juste une organisation différente pour le faire !


Le Slip Français, le retour du gagnant du géant du textile

Trop de références et trop cher, en 2023, le Slip Français était au bord du gouffre, mais a pris le pari osé d’effectuer un virage stratégique à 180 degrés en modifiant totalement sa façon de produire : moins de sous-traitance et une réduction du catalogue (de 50 à une dizaine de références pour les chaussettes par exemple). C’est aussi dans cet élan de nouveauté et la volonté de mieux contrôler sa production, que le Slip Français a lancé l’usine Bonne Nouvelle à Aubervilliers ; dédiée à la confection de sous-vêtements. Maintenant rejoint par l’atelier la Belle Paire pour les chaussettes. « On avait le savoir-faire, la technique et la place ici, c’était le choix le plus logique pour tout le monde », confie Alexandra Broussaud sur le choix d’ouvrir cet atelier en Haute-Vienne.

Une nouvelle stratégie payante ! Le Slip Français a pu diminuer ses coûts de production et par ricochet le prix de ses produits, ce qui a plu au public ! Au-delà des hausses de commande, ce changement de cap a permis à l’entreprise de dégager en 2025 son premier bénéfice en quinze ans d’existence.


La qualité plutôt que la quantité

Le partenariat est à peine scellé que les tricoteuses de la Belle Paire tournent déjà à fond et certains modèles sont déjà tout proches de la rupture de stock. « On va devoir maintenir la cadence pour assurer les commandes », se réjouit la manufacture des Cars. Pour autant, pas question de faire exploser la production, car la maison Broussaud n’a pas pour but de devenir une méga-usine où règne l’hyper-production au dépens de la qualité des produits. Même si elle ne s’interdit pas d’augmenter « de manière rationnelle sa production au fil du temps et de la demande ».

La qualité avant tout ! Pas question pour la Maison Broussaud de devenir une méga-usine et de négliger la qualité de ses produits © Hugo Antoni

La Maison Broussaud & Le Slip Français : la voilà la belle paire d’entreprises qui redonne de l’espoir dans une réindustrialisation française basée sur la qualité et les synergies !

Hugo Antoni
Hugo Antoni
Journaliste Actus Limousin

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