Créé par deux Limougeauds en 2006, « Éveha » est vite devenu LE bureau d’études et de valorisations archéologiques de référence. Avec 400 collaborateurs répartis dans 14 agences (12 dans l’Hexagone et 2 Outre-mer), la structure s’est imposée comme la plus importante société d’archéologie préventive privée de France.
NDLR : Une partie de cet article a fait l’objet d’une relecture scientifique par Eveha
La place des Bancs, le quartier des sœurs de la rivière, Saint-Martial…Ces dernières années, Limoges a été le théâtre de nombreuses fouilles archéologiques. Et pour la plupart de ces chantiers, c’est un bureau local qui a été mandaté : « Éveha ». Mais loin de se cantonner aux ruelles limougeaudes, ce bureau d’étude et de valorisation archéologique créé en 2006 s’est petit à petit imposé comme le numéro 1 de l’archéologie préventive en France.

« Éveha, c’est 400 collaborateurs répartis dans 12 agences en métropole et deux dans les Outre-mer. Il existe aussi une autre société complémentaire nommée Éveha International, menant ses propres opérations de fouille et participant régulièrement, aux côtés d’universités ou du CNRS, à des fouilles à l’étranger : Trás do Castelo à Vale de Mir(Portugal), Al Sharqiya (Oman), Mustang (Népal) et bien d’autres sites ! », détaille François Saint-Léger, chargé de communication chez Éveha.
De l’exclusivité de l’Inrap à l’ouverture au privé
En France, l’archéologie connaît un grand bouleversement en 2002, quand l’État lance l’Inrap, un établissement public mandaté pour s’occuper des fouilles préventives, qui est, au départ, le seul habilité à réaliser ces interventions. Mais face à une forte demande et à des délais de plus en plus longs, les décideurs politiques décideront finalement d’ouvrir le marché des fouilles préventives aux sociétés privées.
L’archéologie préventive est une intervention archéologique réalisée avant des travaux d’aménagements (construction, route,…) afin de détecter et d’étudier d’éventuels vestiges. C’est l’État qui prescrit et définit les sites à fouiller, soit grâce à un diagnostic archéologique vérifiant s’il y a des traces du passé et/ou si des sites aux alentours ont déjà amené à des découvertes. Ces fouilles peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois selon l’ampleur du site et des découvertes attendues.

C’est ainsi qu’en 2006, les Limougeauds Julien Denis et Jérôme Monteil décident de fonder « Éveha » à Limoges, une ville à mi-chemin de tous les coins de la France. Rapidement, la société obtient de l’État les agréments nécessaires pour mener des recherches et des fouilles sur différentes périodes historiques : Antiquité, Moyen-Age et époque moderne dans un premier temps, puis sur la période de la Protohistoire (le temps des premiers hommes).
« On peut faire des fouilles sur toutes les périodes de l’humanité et dans différents milieux : extérieur, confiné, et même sous-marin. Cette polyvalence, notre nombre et notre couverture du territoire est notre plus grande force car elle nous permet de pouvoir répondre à la quasi-totalité des appels d’offre », explique François Saint-Léger.

En apprendre plus grâce à l’archéologie
Cette grande polyvalence Éveha la aussi doit à la variété de ses effectifs : archéologues, anthropologues, archéo-zoologues, céramologues, topographes, spécialistes du bâtiment… Un éventail de compétences qui permet de s’adapter à tous les chantiers, car sur place, les archéologues exhument des vestiges (murs, sols, fosses,..), du « mobilier » (os, objets,…) et documentent toutes les découvertes : plans, photos, dessins du site, géolocalisation des trouvailles… rien n’échappe à leur vigilance !

Une fois ce travail terminé, vient le temps « post-fouille » qui consiste à analyser les découvertes et dure généralement 2 ans. « On va chercher à déceler la datation précise des vestiges grâce à l’étude des ornements, des types de constructions ou encore grâce à l’analyse de charbons de bois (datation 14C – dite datation radiocarbone)…mais aussi des informations sur le mode de vie : le régime alimentaire, la richesse, et si on étudie des cimetières, on peut aussi mieux cerner qui étaient ces personnes, leurs conditions de vie, les accès aux soins, la santé… » énumère François Saint-Léger.

Ces analyses poussées sont ensuite condensées dans un rapport de plusieurs centaines à plusieurs milliers de pages, puis transmis à l’État qui répertorie les informations recueillies grâce à ces fouilles dans ses bases de données. Les trouvailles sont aussi remises à l’État, propriétaire des découvertes archéologiques (pour les fouilles menées sur des terrains acquis après 2016), qui les transfère ensuite dans des réserves ou dans des musées, pour être accessibles aux citoyens d’aujourd’hui et aux chercheurs du futur.
Transmettre les connaissances
Faire des découvertes c’est bien, les partager c’est encore mieux ! C’est pour cela qu’une partie des missions de Éveha est orientée vers la valorisation de ses découvertes.
« On s’efforce de mener une mission de médiation culturelle. Le but derrière est de permettre la rencontre entre le travail des archéologues et le public. Pour cela, on peut faire visiter les chantiers, installer des panneaux explicatifs à proximité des sites, organiser des conférences, participer à des articles scientifiques ou grand public, ou même publier des reconstitutions 3D pour permettre des visionnages virtuels des sites de fouilles comme l’abbatiale Saint-Martial. »
« Cette médiation peut aussi se faire à destination des organismes comme les musées avec la rédaction de notices de présentation des trouvailles ou même la reconstitution de sites d’une partie d’un site de fouilles. Le plus dur, c’est juste de trouver l’idée et les mots qui s’adaptent à chaque public ! », termine François Saint-Léger.

Si vous voulez en savoir plus sur les fouilles et le travail de Eveha, nous vous conseillons de jeter un coup d’oeil au site officiel de l’entreprise (eveha.fr) et pour découvrir plus de reconstitutions 3D, vous pouvez aussi consulter sa page « Sketchfab ».

