Bûcheronnage sportif en Corrèze : les Cogneurs du Plateau frappent fort !

Créé en 2009, le club de bûcheronnage sportif « Les Cogneurs du Plateau » poursuit son développement et inaugure, ce samedi 17 janvier à Meymac, un grand hangar dédié à l’entraînement. Rencontre avec Corentin Gaudin, président du club et double vice-champion de France.

C’est un sport spectaculaire, encore relativement récent, qui se développe en France comme à l’international. Né en Australie, le bûcheronnage sportif a fort logiquement trouvé sur le plateau de Millevaches — où la forêt occupe une grande partie du territoire — un terrain d’expression idéal et rapidement conquis de nombreux adeptes. Aux confins des pentes abruptes du Plateau, au pied du Mont Bessou, à Meymac, ils sont aujourd’hui une trentaine à « trancher des rondins » chaque semaine.

Né à la fin du XIXᵉ siècle du côté de la Tasmanie (Australie), où les bûcherons s’affrontaient pour sectionner des troncs avec rapidité et précision, ce sport mêlant force, endurance et habileté, a progressivement gagné le monde entier. « Il y a environ 300 bûcherons sportifs en France », précise le président des Cogneurs du Plateau.

Un nouveau site d’entraînement

« Voilà notre nouveau lieu d’entraînement ! » En ouvrant la grande porte du bâtiment situé dans la zone artisanale de la Croix d’Émanée, à Meymac, Corentin Gaudin ne cache pas sa fierté. Loué par le club depuis quelques jours, ce vaste hangar accueille désormais, plusieurs fois par semaine, les compétiteurs qui s’entraînent aux différentes épreuves de la discipline. Quatre soirs par semaine : deux soirs d’entraînement et deux soirs de musculation. Voilà pour le programme sportif des cogneurs et des cogneuses.

Corentin Gaudin, président du club meymacois, dans le nouveau hangar d’entrainement ! © Jérémy Truant

Parmi eux, six athlètes du club participent aux compétitions STIHL TIMBERSPORTS® : trois seniors, une féminine et deux jeunes de moins de 25 ans. Six disciplines composent ces compétitions :

  • le Stock Saw (tronçonneuse de série), qui consiste à découper deux disques dans un tronc de bois ;
  • l’Underhand Chop (hache horizontale), simulant le découpage d’un arbre déjà abattu ;
  • le Standing Block Chop (hache verticale), qui reproduit l’abattage d’un arbre ;
  • le Single Buck (scie passe-partout), où les athlètes scient un disque complet à partir d’un tronc fixé horizontalement ;
  • le Springboard (hache verticale sur tremplin) : des entailles, appelées « pockets », sont réalisées dans un tronc de deux mètres afin de grimper dessus et d’en découper un bloc en hauteur ;
  • le Hot Saw (tronçonneuse de compétition), où les athlètes doivent couper trois disques dans une section de 15 cm de large à l’aide d’une tronçonneuse extrêmement puissante et modifiée.
Le « springboard », l’une des épreuves les plus techniques et les plus impressionnantes ! © Les Cogneurs du Plateau

Corentin Gaudin est double vice-champion de France dans la catégorie « Trophy », un circuit qui consiste à enchaîner les quatre premières disciplines citées, et a même été membre du Pôle France lors de la saison 2023-2024. Originaire du Jura, le forestier est tombé amoureux de la Corrèze après un BTS à l’École forestière de Meymac. « J’ai trouvé du travail ici et je suis resté », confie-t-il avec un large sourire. C’est durant ses études qu’il découvre la pratique du bûcheronnage sportif. « J’ai commencé à me rapprocher du club, puis je me suis concentré sur mon travail. Je ne suis revenu aux Cogneurs qu’en 2019 », raconte celui qui est aujourd’hui acheteur pour un exploitant forestier.

Corentin est vice-champion de France de « Trophy », une discipline où l’on doit enchainer 4 épreuves © Les Cogneurs du Plateau

Sous le hangar, ce ne sont pas des résineux du plateau de Millevaches que les Cogneurs fendent, mais du peuplier. Corentin Gaudin nous explique pourquoi c’est cette essence qui est toujours utilisée lors des compétitions officielles : « Le peuplier est un bois tendre, droit et homogène, avec peu de nœuds, ce qui permet une fente nette et régulière. Il est normé, ce qui garantit l’égalité des chances. » Une fois les épreuves terminées, le bois est broyé pour alimenter des chaufferies, après avoir offert un spectacle impressionnant au public.

Des démonstrations partout en France

Au-delà des compétitions, l’équipe des Cogneurs du Plateau participent également  à des démonstrations. « Cette année, nous sommes déjà réservés dans les Landes, en Bourgogne, en Normandie… On a une remorque-podium, on se déplace partout pour faire des animations, on fait participer le public, des défis en duo… », explique le président. Ces prestations permettent au club de dégager des ressources financières précieuses, le matériel de la discipline étant particulièrement coûteux.

Avec du matériel performant et un vrai centre d’entraînement flambant neuf, les Cogneurs du Plateau s’affirment comme « le club de bûcheronnage sportif le plus actif de France, avec les meilleures infrastructures » selon le président, qui ajoute : « ce qui fait que ça fonctionne aussi bien, c’est qu’on est une bande de copains. Ça se sent. On s’entend tous très bien et on partage les mêmes valeurs. » Des valeurs simples et fortes, héritées du monde forestier, qui font qu’à Meymac et sur le Plateau de Millevaches, le bûcheronnage sportif est bien plus qu’un sport : une aventure humaine.

Pratique :  L’inauguration du bâtiment des Cogneurs du Plateau est prévue ce samedi 17 janvier à midi, boulevard des Charpentiers.

Pour suivre les aventures des Cogneurs du Plateau : sur Facebook et sur Instagram.

Jérémy Truant
Jérémy Truant
Journaliste Actus Limousin
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