Installé dans l’arrière-pays limousin, le musée Cécile Sabourdy met à l’honneur l’art singulier, brut, mais surtout naïf ; des courants souvent boudés par les musées. Un lieu qui met en avant les « marginaux » de l’Art et qui vient tout juste de s’agrandir pour notre plus grand plaisir !!
C’est dans la petite commune de Vicq-sur-Breuilh, en pleine campagne, que les équipes du musée Cécile Sabourdy, ont décidé d’ouvrir un espace dédié à l’art naïf, brut et singulier en 2014 ; un art souvent moqué et très peu exposé, mais qui aujourd’hui accueille près de 15 000 visiteurs par an. « Dans nos murs, vous ne retrouverez pas d’artistes au style académique. Ici on cherche à promouvoir les incompris, les mal-aimés, les inclassables, les autodidactes… soit ceux qui ne rentrent dans aucune case et souvent dans aucun musée. Pour certains d’entre eux, nous sommes même les seuls à les exposer ! Paradoxalement, ces œuvres offrent une vision de l’art totalement différente, ce qui fait qu’aujourd’hui, le musée est une « fabrique à public », dans le sens où l’on arrive à faire venir des visiteurs qui ne vont pas dans les musées en temps normal », constate sa directrice Stéphanie Birembaut.

Une nouvelle réserve innovante
Fort de son attrait et la place commençant à manquer, le musée Cécile Sabourdy vient tout juste de s’agrandir et de se doter d’une nouvelle salle d’exposition, d’une bibliothèque, mais surtout des réserves flambant neuve. Une nouveauté bienvenue car, dans sa conception en 2014, le musée n’avait pas prévu d’espace pour conserver des œuvres, mais avec le temps et les opportunités, elles se sont accumulées et aujourd’hui, c’est près de 5 000 œuvres que le musée compte dans ses réserves, dont 600 ayant le statut de « Trésor national ».
Pour autant, la véritable révolution de cet agrandissement est aussi dans les murs au sens propre ! Le lieu a fait le choix de la réhabilitation, plutôt que de la construction, en utilisant un ancien bâtiment existant et attenant au musée. Mais le plus surprenant est dans la technique utilisée pour l’isolation des murs, les équipes ont décidé d’utiliser un enduit en chaux chanvre ; une technique qui devrait permettre au musée de faciliter la conservation des œuvres. Une innovation, car ce procédé est une première pour un musée en France, mais s’annonce déjà très prometteur, au point que le ministère de la Culture surveille de près cette réhabilitation pour de futures restaurations de réserves et de musée.
Une histoire unique
Mais avant d’en arriver à son agrandissement, le musée a surmonté plusieurs obstacles. En 2008, l’imposant presbytère du XVIIe siècle de la commune tombe en ruine et personne ne sait quoi en faire mais un heureux hasard va frapper à la porte du village ! Un collectionneur d’art de Vicq-sur-Breuilh entend parler d’un impressionnant fonds d’une artiste du courant naïf de Saint-Priest-Ligoure : Cécile Sabourdy (1893-1870). A ce moment-là, ce fonds doit prendre la direction du musée d’Art naïf de Nice, comme l’avait souhaité son mécène, Henri de la Celle et l’auteure à sa mort, pour justement promouvoir l’œuvre de Cécile Sabourdy.

Mais une autre idée émerge, et va séduire tous les partis : créer un musée dans les terres de l’artiste pour promouvoir son œuvre. « Au début, le projet semblait utopique, mais a très vite séduit, et c’est comme ça qu’en 2014, le musée voit le jour. Ce qui au départ devait être un petit musée consacré au fond Sabourdy est devenu un bâtiment de 3 niveaux et de près de 600m2, dédié à l’art Naïf, courant de l’artiste, mais aussi aux courants Bruts et Singuliers », se rappelle Stéphanie Birembaut.

L’ancien presbytère est par conséquent sauvé de la destruction et entièrement réhabilité sur des standards de musée nationaux,l’aidant à l’obtention du label Musée de France en 2023. Une situation qui a d’ailleurs encouragé le musée et la ville a réhabiliter les jardins autour du presbytère, transformant le lieu en Musée ET Jardin Cécile Sabourdy.

Un musée à consommer sans modération !
Fort de sa particularité, le musée a aussi pris le parti de faire tourner très régulièrement ses collections « Comme on part du principe que toutes les œuvres ont un intérêt, on essaye de faire une rotation des collections permanentes tous les 6 à 10 mois. L’idée, c’est que les visiteurs puissent venir 2 fois par an au musée sans forcément voir la même chose », explique Stéphanie Birembaut.

Le musée Cécile Sabourdy s’efforce aussi de promouvoir des artistes au travers d’expositions et cet objectif va être renforcé grâce à la nouvelle salle d’exposition née de l’agrandissement. Le premier à inaugurer cette nouvelle salle est Gabriel Rétif, un designer et scénographe du Limousin qui proposera son exposition « Faut-il couper les tiges ? » à partir du 23 avril. « Cette exposition est une rencontre entre le monde du théâtre et de la céramique. L’idée était de créer un objet unique qui épouse les formes de la fleur sans en être », explique l’artiste.

En parallèle, à partir du 15 mai, le musée accueillera un autodidacte atypique, Jean-François Vrod, avec son exposition « l’idiome du village » rendant justice à des formes expressives aussi profondes que grotesques, à l’écart des normes imposées. Ne manquez pas non plus de découvrir, la rétrospective sur l’artiste singulier Pierre Albasser, à découvrir jusqu’au 20 septembre.
Info pratiques
Musée Cécile Sabourdy, 2 rue du musée Cécile Sabourdy, Vicq-sur-Breuilh.
Site web : museejardinscecilesabourdy.wordpress.com
Jusqu’en juin ouvert le samedi et le dimanche de 14h à 18h (aussi ouverts sur les ponts 1er mai + 8, 9, 10 mai + 14, 15, 16, 17 mai). Juillet – août, ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h. Plus d’informations sur le site du musée.

