A Eymoutiers, les commerces de proximité ont su miser sur l’originalité et la qualité pour faire bouger le centre-ville

Chacune à leur manière, elles font bouger le commerce en centre-ville d’Eymoutiers. Gros plan sur trois boutiques qui allient bon goût, qualité et proximité.

À 45 minutes de Limoges, aux portes du plateau de Millevaches, Eymoutiers a conservé un centre-bourg historique fait de jolies petites rues pleines de charme. La commune, qui ne compte qu’un peu plus de 2.000 habitants, conserve l’image d’une cité de caractère, engagée et, malgré son éloignement des grands axes de circulation, un tissu commercial dynamique avec de nombreux commerces de proximité s’y est développé. Gros plan sur trois de ces boutiques qui donnent de la vie à la cité des pelauds.

Le temps des cerises

C’est le cas de l’épicerie Le Temps des Cerises, fondée par Olivia Garnier qui a commencé son activité en 2008, avec une épicerie itinérante sur les marchés, avant l’ouverture du magasin en juin 2019, rue des Ursulines. « J’avais aussi fondé la ressourcerie d’Eymoutiers avant de créer le magasin. J’ai toujours voulu garder le même état d’esprit : des circuits courts, des produits locaux et surtout la proximité avec mes clients. C’est un autre mode de distribution et de consommation, proche des producteurs et adapté au milieu rural », précise la dirigeante.

Le magasin propose exclusivement des produits certifiés biologiques : vrac, fruits et légumes de saison, pain, vins et épicerie courante. Les fruits et légumes viennent compléter ceux des producteurs locaux présents sur les marchés hebdomadaires. Les produits sont issus d’une agriculture respectueuse de l’homme et de l’environnement, biologique ou paysanne, et proviennent prioritairement de France ou du commerce équitable.

Les clients apprécient le vrac et les recharges, qui permettent de limiter les déchets et de maîtriser les coûts. « La clientèle s’est diversifiée avec de nouvelles personnes qui ne venaient pas sur les marchés. La vente est avant tout un outil de lien social et de développement local. Les marges sont volontairement faibles, pour permettre un revenu d’activité tout en maintenant des prix accessibles au plus grand nombre. »

Un large choix de produits, du bio, du vrac… le Temps des Cerises à trouver sa clientèle ! © Nicolas Yardin

Au-delà de la vente, l’épicerie organise aussi des ateliers et des temps d’information sur l’alimentation, la consommation responsable et la réduction des déchets. Olivia Garnier travaille aussi avec des associations, des restaurants et des cantines scolaires pour fournir des produits bio accessibles à tous. Chaque atelier permet de sensibiliser le public à la saisonnalité, aux circuits courts et aux techniques pour réduire le gaspillage alimentaire, tout en favorisant les échanges entre habitants.

À l’étage, la cantine Le Merle Moqueur propose, uniquement le midi, une restauration de saison simple et abordable, avec une orientation végétarienne. « Ce restaurant nous permet de réduire les pertes et de valoriser les produits qui pourraient se perdre. C’est à notre image : proche des gens, ouvert d’esprit et responsable. ».

A l’étage de l’épicerie, la cantine « Le Merle Moqueur » propose, le midi, des plats de saison et abordables © Nicolas Yardin

Belge à croquer

À quelques pas, avenue de la Paix, « Belge à croquer » combine restauration légère et vente de produits alimentaires. Créé par Laurence et Yves Massart, originaires de Namur, le commerce s’installe d’abord sur les marchés de Haute-Vienne et de Creuse, proposant principalement des gaufres de Liège, avant d’ouvrir, en 2016, leur magasin à Eymoutiers.

Des gaufres et des bières, le « meilleur » de la Belgique en un seul endroit ! © Nicolas Yardin

Laurence tient la boutique en journée, tandis qu’Yves prépare les fameuses gaufres et autres spécialités belges, sucrées ou salées. La boutique propose également des bières, chocolats, cafés et infusions, ainsi que des sandwichs à consommer sur place ou à emporter. Toute la décoration a été chinée dans les brocantes, avec un mélange de style qui ne se prend pas au sérieux. « Notre clientèle se compose d’habitants du secteur, de visiteurs et de touristes, notamment en été. Les gens aiment prendre leur temps, discuter et déguster sur place ou emporter », explique Laurence Massart.

Un décoration chinée sur diverses brocantes et une atmosphère « comme à la maison » © Nicolas Yardin

ChouBeurrePomme

Direction la collégiale enfin, pour découvrir la pâtisserie « ChouBeurrePomme » fondée en 2016 par Natalia Raboisso. Originaire de Russie, elle y a travaillé comme infirmière puis commerciale dans le prêt-à-porter avant de s’installer en France en 2007. Elle se reconvertit dans la pâtisserie après un CAP en alternance au Moulin Rabaud, à Limoges, et reprend ensuite la maison Thirolle à Eymoutiers.

La patisserie « ChouBeurrePomme » fondée par Natalia Raboisso à Eymoutiers © Nicolas Yardin

La boutique, qui emploie aujourd’hui cinq salariés et une apprentie, comprend un espace de vente et un atelier de production. Les pâtisseries, les glaces et les chocolats sont faits sur place, avec des matières premières reconnues pour leur qualité : farine locale, œufs fermiers, beurre d’Isigny, fruits de saison… Les clients se régalent du pelaud, un biscuit aux amandes, des pelaudines – des truffes au chocolat parfumées au rhum-, des pavés d’Eymoutiers, un cake aux amandes fourré de crème de marron, ainsi que des cheesecakes et d’autres créations revisitées. Il fait bon profiter de la terrasse et de la vue sur la collégiale en dégustant un café accompagné d’une délicieuse pâtisserie.

Ces commerces pelauds reposent sur des choses finalement simples : une clientèle locale, des produits de qualité, une économie de proximité, à taille humaine, et des circuits courts. Et ça marche !

Infos pratiques

Le temps des Cerises : 3 rue des Ursulines / tempsdescerises.org

Belge à croquer : 5 avenue de la Paix / 06 81 41 99 83

ChouBeurrePomme : 4 rue des Ursulines/ choubeurrepomme.com

Yanic De Borie
Yanic De Borie
Correspondant Actus Limousin