Les « Bamboches Botaniques » font leur retour : comme une invitation à chiller au jardin de l’Évêché…

À l’occasion du premier week-end de la 6ème édition des « Bamboches Botaniques », nous sommes allés à la rencontre de Pierre Lasalle, cofondateur de l’événement, pour revenir sur la genèse de ce mélange réussi entre la musique électronique et le jardin botanique de l’Évêché à Limoges…

À l’ombre de la cathédrale Saint-Étienne de Limoges, la musique électronique fait vibrer le jardin de l’Évêché en ce week-end de mai. La DJ Lele Bling, bien ancrée derrière ses platines, donne le tempo. Sur l’herbe, on secoue la tête en rythme, on profite du soleil et on arpente le jardin garni de stands. D’un côté, les adeptes, ceux qui savent que les Bamboches « c’est à ne pas manquer ». De l’autre, les curieux, les familles, les enfants qui gambadent. Bref, celles et ceux arrivés là par hasard.

Des gens qui chillent sur les pelouses devant le pavillon de l’Orangerie, une DJ qui mixe… les Bamboches Botaniques en 2 images ! © Jordan Gamaire

Si les pelouses du jardin sont investies par des visiteurs éparpillés, le pavillon de l’Orangerie situé au fond du jardin, est plus animé. Entre les portants de la friperie Kromatik, le salon de tatouage éphémère de « Dudu la Praline » et bien d’autres, difficile de se frayer un chemin. Au fond du pavillon, c’est l’étal noir et blanc de la photographe limougeaude Anne Megnint : « Exposer aux Bamboches Botaniques permet d’attirer un public différent. Quand on expose en galerie, on touche un public déjà sensible, déjà proche du milieu artistique. Ici, l’événement accueille tout le monde », se réjouit-elle.

Tatoueur limougeaud, Dudu la Praline a transféré son salon de la Cour du Temple au Jardin de l’Évêché le temps d’une Bamboche… © Jordan Gamaire

Du confinement au jardin de l’Évêché

En 2020, l’idée de ces « Bamboches » a germé dans les esprits confinés de Pierre Lasalle et Marine Séjourné, avec l’envie de « créer un canal d’expression pour les artistes émergents et de mettre Limoges sur la carte de la musique électronique ». Surtout qu’à eux deux ils ont tout ce qu’il faut (ou presque) pour transformer ce rêve en réalité. « Je suis de Limoges et j’ai toujours été dans la musique électronique. J’ai été DJ pendant près de 10 ans. À l’époque, on sortait du Covid, tout était flou, se remémore Pierre Lasalle. Marine, elle est plus branchée sur la partie événement, moi plus sur le volet artistique. »

Ils font renaître de ses cendres une association désormais nommée Dadanko et obtiennent 1000€ auprès du Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA). Pierre Lasalle s’affaire donc à faire circuler l’information, à démarcher des artistes et, surtout, à trouver l’écrin. « Pourquoi au jardin de l’Évêché ? Parce que c’est le spot le plus cool de la ville. On considère que le lieu est un acteur clé de cet événement. On voulait donner une esthétique propre aux Bamboches. Par exemple, il n’y a pas de scène, le DJ mixe à hauteur de public ».

Organiser un événement cool, c’est bien. Dans un lieu classe, c’est encore mieux ! © Jordan Gamaire

Le bouche-à-oreille fait bien son œuvre et la première édition implique trois dates. Trois dates qui mèneront à bien d’autres. « Même si on voulait proposer un événement fort autour de la musique électronique, on tenait à préserver une identité underground. L’important, ce ne sont pas les tickets ou les entrées. L’important, c’était d’inclure tous les publics, de tous les horizons, et que tous ces gens s’amusent, confie le secrétaire de Dadanko. D’une année à l’autre, les Bamboches Botaniques agrègent DJ, peintres, photographes, plasticiens, de quoi « renforcer l’identité de la manifestation et d’impliquer toujours plus de publics ».

DJ, peintres, photographes, plasticiens… les Bamboches agrègent nombre de jeunes artistes locaux © Jordan Gamaire

« Déconstruire les préjugés autour de la musique électro »

Les Bamboches arrivent à conjuguer la frénésie de la musique électro avec la tranquillité qui, d’ordinaire, règne en maîtresse au sein du jardin de l’Évêché. « La perception de la musique électronique par le grand public peut être remplie de préjugés. On tenait à déconstruire ces préjugés. Et puis, à Limoges, on sait que c’est compliqué de sortir les gens, pour des raisons qui m’échappent. Tant que celles et ceux qui sont présents passent un bon moment, ont le sourire, c’est ce qui compte », assure Pierre Lasalle.

Et ce n’est pas José, père de famille venu avec ses deux enfants, qui fera sonner la cloche autrement. « Même s’il faut toujours avoir un œil dessus, les Bamboches offrent un climat propice pour tout le monde. Il y a foule certes, mais il n’y en a pas trop. Les enfants peuvent courir, danser, se dépenser en toute sécurité. Les visiteurs sont respectueux et attentionnés. On peut rencontrer tranquillement », se réjouit-il, l’œil toujours alerte.

Là où José peut laisser gambader ses enfants, Dorian Foucaud-Arrivé peut déployer son stand de tisane. « Je suis un peu la caution botanique de l’événement » ironise-t-il. L’artisan tisannier d’Abzac en Charente-Limousine propose des dégustations gratuites et même un atelier de confection d’infusions : « C’est ma deuxième année et vraiment, quel plaisir. Ça nous permet de sortir de la ferme, de proposer nos produits avec de la bonne musique en fond. Et puis, ce côté anachronique entre la musique électronique et la tisane, je trouve ça intéressant. J’aime bien être là où on ne m’attend pas », explique-t-il, baigné de soleil.

Dorian Foucaud-Arrivé, « paysan tisanier », est venu pour la deuxième année proposer les produits de sa ferme aux Bamboches Botaniques © Gorka Martos

Inaugurées il y a six ans par l’association Dadanko, les Bamboches sont une vraie réussite populaire. Au départ, Marine Séjourné, Pierre Lasalle et une idée : faire une bamboche. Aujourd’hui, une manifestation définitivement inscrite, à sa manière, dans le paysage. La sixième édition des Bamboches Botaniques se poursuivra les week-ends du 3 au 5 juillet, avec, entre autres, les DJ Main Lourde et Duchesse Dove, et du 4 au 5 septembre.

Contact : @bamboches_botaniques sur Instagram.

Gorka Martos
Gorka Martos
Journaliste Actus Limousin