À Treignac en Corrèze, la Vézère en mode torrent pour le grand week-end du kayak

Un soleil radieux, 15 m³ d’eau par seconde, des moments festifs, les meilleurs sportifs français de la discipline et des pratiquants venus des quatre coins de l’hexagone… Et voilà la recette gagnante de la course de canoë-kayak de descente organisée ce week-end à Treignac en Corrèze ! Reportage. 

11 heures, ce vendredi 22 mai. Les vannes du barrage des Bariousses, en amont de Treignac sur la Vézère, s’ouvrent progressivement. Palier par palier, pour prendre soin de prévenir les précieux petits habitants de la rivière. Peu à peu, le petit lit du cours d’eau gonfle et la vallée se met à gronder. L’eau recouvre les rochers, dévale les pentes. Et avec elle, c’est tout un monde qui se met en place, toute une ambiance : celle de ceux qui partagent une passion commune pour l’eau-vive.

Le temps d’un week-end, des passionnés d’eaux vives venus de toute la France jouent dans les flots de la Vézère © Robin Papaix

Comme chaque année, le Comité départemental de canoë-kayak a donné rendez-vous aux céistes et kayakistes sur les eaux de la Haute-Vézère pour quatre jours de lâchers d’eau (en partenariat avec EDF) à Treignac. Sur les rives, près du bien nommé parking des rivières, on est impatients en ce vendredi matin. Le panneau indique encore « Parcours fermé », mais dans quelques minutes, tous vont pouvoir s’élancer et retrouver les mythiques passages du « Pont Finot », des « Serpents » ou encore de la « Goujonnière » sur plus d’une quinzaine de kilomètres rapides qui voient, depuis des décennies, passer des générations de kayakistes venus de toute la France et même bien au-delà.

Ça frétille à l’embarcadère ! © Robin Papaix

Il faut dire que l’histoire a commencé en 1959 lorsque la cité corrézienne a accueilli les tous premiers championnats du monde. Ensuite, la Vézère n’a cessé de donner du fil à retordre aux amoureux des sports de pagaie. « C’est toujours un moment important. La Pentecôte, c’est en Corrèze que ça se passe ! », confient deux kayakistes qui attendent déjà dans leur bateau sur l’embarcadère.

Une course nationale avec 300 compétiteurs

Parmi les passionnés qui arpentent les rives de cette édition 2026, il y en a aussi pour qui semblent un peu plus pressés que les autres. « Certaines années, on organise uniquement la Concentration Haute-Vézère, d’autres on accueille des compétitions et c’est le cas ce week-end avec la compétition de course nationale 1 de descente qui compte pour les qualifications aux championnats de France », développe le président du Comité départemental Sylvain Paris qui arrive déjà mouillé. Lui a déjà eu la chance de descendre la rivière en tant qu’ « ouvreur » car chaque matin et chaque soir, les organisateurs descendent l’intégralité du parcours pour vérifier que tout va bien.

Plus de 300 participants ont pris part à la course de nationale 1 de descente, qualificative pour les championnats de France © Robin Papaix

Ce dimanche et ce lundi, après deux jours d’entraînement et de reconnaissance, plus de 300 sportifs se sont donc élancer sur la course sprint (courte distance) et la classique. Parmi eux, deux céistes sont particulièrement attendus : Clément Monjanel et Corentin Combe. Il faut dire que leurs noms parlent à tout le monde ici. Les deux licenciés du Haute-Corrèze Kayak Club sont multiples médaillés et brillent à l’international depuis des années. Mais ce week-end, les Corréziens débarquent tout juste de Bosnie-Herzégovine où ils ont décroché leur troisième médaille d’or au championnat du monde. Ils sont devenus les seuls céistes au monde à réaliser un triplé mondial (2024, 2025 et 2026) alors forcément tous les regards sont tournés sur eux.

Déjà titrés en 2024 et 2025, Clément Monjanel et Corentin Combe sont devenu les premiers céistes à réussir le triplé en 2026 © DR

Et le spectacle est au rendez-vous sur la Vézère devenue torrent. Les coureurs défilent sous les yeux d’un public venu en nombre. Tous les compétiteurs ont un seul objectif en tête : avoir la meilleure trace possible pour arriver le plus vite possible en bas. Le niveau est tel que, comme ça arrive parfois, un médecin de l’Agence française de lutte contre le dopage a été missionné pour procéder à des contrôles antidopage.

Des descentes raft pour tous

Si les « sportifs » étaient lancés dans une bataille à la seconde, il y en a d’autres qui ont pris un peu plus leur temps, c’est les quelque 200 personnes qui ont pris place à bord des rafts pour descendre eux aussi la mythique Vézère. « On propose des descentes avec des barreurs (celui qui dirige l’embarcation, ndlr) diplômés. C’est toujours un succès ! », reprend le président.

Briefing sur la terre ferme avant de faire le plein de sensations sur l’eau ! © Robin Papaix

L’ensemble du week-end, des compétitions aux descentes loisirs en passant par les concerts organisés le soir au parking des Rivières et en centre-ville, l’événement a une nouvelle fois était un succès grâce aux 80 bénévoles mobilisés depuis des mois. Car à Treignac, au-delà des chronos et des podiums, c’est aussi et surtout une grande famille de l’eau vive qui se retrouve, année après année, sur les rives de la Vézère.

Jérémy Truant
Jérémy Truant
Journaliste Actus Limousin